• Sur la prière

     

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    Magnifié et sanctifié soit le grand Nom

    dans le monde qu'il a créé selon sa volonté

    et puisse-t-il établir son Royaume.

    (Kadish 1-3)

     

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    "Béni soit celui à qui appartient

    le Royaume des Cieux, de la Terre (..)"

    (Coran, L'ornement, XLIII, 85)

     


       

     

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    Notre Père qui es aux Cieux !


    Que ton saint Nom soit révéré,

    Et que survienne ton Règne !

     

    Que  ta volonté s'accomplisse

     

    Sur la Terre tout comme au Ciel !

     

    (cf. Évangile Matthieu 6,9-10)

     

     

     

    Commentaires sur la prière

     

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    Tableau dans l'église de Thizay (France)

     

     

    "Du fond de l'abîme je t'invoque, ô Éternel !

    Seigneur, écoute ma voix !

    Que tes oreilles soient attentives à la voix de mes supplications !

    Si tu gardais le souvenir des iniquités, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister ?

    Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu'on te craigne.

    J'espère en l'Éternel, mon âme espère,

    et j'attends sa promesse. (Psaumes 130, 1-5)

     

    "Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et y renonce obtient miséricorde." (Proverbes 28, 9)

     

    "Il n'est donc rien de plus efficace auprés de Dieu que la prière (..) il s'agit donc de vous apprendre à bien user du moyen de salut le plus puissant ; il s'agit de vous faire connaistre le secret inestimable & l'art tout divin de toucher le coeur de Dieu, & de faire descendre sur nous les plus précieux trésors de sa grace. Pour recevoir ce don de la prière, employons la prière elle-même (..)

    (..) C'est surtout de la nature des choses qu'on demande à Dieu, que dépend l'essence de la prière, et par conséquent son mérite, son efficace, sa vertu."

    (Sermons du pere Bourdalouë de la Compagnie de Jésus. pour le Caresme. Tome premier. Seconde édition. — pour le jeudy de la premiére semaine. sur la prière — p. 273.275. Lyon, DCCVIII.)

     

     

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    "Ainsi nous prions comme ce malheureux Antiochus, dont la priere interessée ne put trouver grace devant Dieu ; (..) il prioit (..) et l'on ne peut douter qu'il priast (priât) avec toute l'ardeur possible ; mais il prioit en mondain, (..) car il ne demandoit pas à Dieu ni l'esprit de penitence, ni le don de pieté, ni le respect des choses saintes qu'il avoit prophanées, mais une santé qu'il preferoit à tout le reste & dont il estoit (était) idolastre ; (..) & c'est pour cela que le sein de la misericorde luy estoit fermé, (..) Voilà comment nous prions ; mais en vain, puisque le Fils de Dieu n'a jamais prétendu se faire garant de telles prieres (..).

     

    (..) ce n'est donc pas, chrestiens, qu'on ne puisse absolument demander à Dieu les biens temporels (..) demandons-les aprés avoir demandé d'abord & sur toute chose les biens spirituels ; demandons la benediction de Jacob & non celle d'Esaü." (Ibid, p. 285.288)

     

     

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    Tableau dans la cathédrale de Cordoue (Andalousie, Espagne)

     

     

    "(..) quelle est cette regle divine, selon laquelle le Fils de Dieu nous a ordonné de prier ?

    La voicy : Cherchez, nous dit-il, avant toutes choses le Royaume de Dieu et sa justice, et rien ne vous manquera.

    Demandez au Pere celeste la sanctification de son nom, l'avénement de son regne, l'accomplissement de sa volonté (..) et alors je vous seconderai. (..)

     (Cf. Louis Bourdaloue, Sermons du pere Bourdalouë, de la Compagnie de Jésus, pour le caresme ; Tome premier. seconde édition — pour le jeudy de la premiére semaine. sur la priere — p. 287 -288, Lyon, MDCCVIII. Avec privilege du Roi (1708)

     

     

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    "(..) je sais qu'outre la manière commune de prier (l'oraison commune ordinaire), en méditant la Loi de Dieu, en contemplant ses mystères, en se remplissant de sa crainte, en s'excitant à son amour, en le remerciant de ses grâces et son secours, qui est le genre d'oraison que pratiquoit David, et que les Saints, à son exemple, ont de tout temps pratiqué, il n'y en a un autre différent de celui-ci, où Dieu, par des impressions fortes, prévenant l'âme, en s'en rendant le maître, l'élève au-dessus d'elle-même (..)

    (..) sous le nom d'oraison extraordinaire (l'oraison particulière et extraordinaire) (..).

    Je veux, pour votre construction et pour votre édification, vous en faire connaître les abus ; et par là, encore une fois, j'en suppose donc pour les âmes prudentes et éclairées le bon usage possible. Je ne prétends pas même vous en faire voir les abus grossiers, tels que sont ceux qui, de nos jours, ont éclaté à la honte de la religion, et qui ont scandalisé toute l'Église. L'Église, animée d'un saint zèle, a pris soin elle-même de nous donner toute l'horreur que nous en devons avoir ; et après ce qu'elle a fait, en vain voudrois-je y rien ajouter, persuadé d'ailleurs, comme je le suis, que votre piété n'a nul besoin de ce remède.

    Je parle d'abus moins scandaleux, mais toujours très pernicieux dans leurs conséquences, et d'autant plus à craindre qu'ils sont plus ordinaires, et qu'on les craint moins. Je parle de ces abus, où nous voyons tomber tant d'âmes chrétiennes, qui, abandonnant la voie de l'humilité et de la simplicité, se laissent emporter à suivre des voies plus hautes en apparence, mais fausses et trompeuses."(..)

     

    Malheur que l'illustre Thérèse (Thérèse d'Avila) déplorait autrefois devant Dieu ; et si nous pouvons dire que Dieu l'avoit suscitée pour nous apprendre à nous en préserver, puisqu'il nous a donné dans sa personne l'idée de la plus sage et de la plus solide conduite.

     

    (..) Car j'appelle oraison chimérique, celle dont l'Évangile ne nous parle point, et que Jésus-Christ ni saint Paul ne nous ont jamais enseignée : n'étant ni vraisemblable ni possible que, dans le dessein qu'il ont eu de nous apprendre toute perfection, ils nous eussent laissés dans une ignorance profonde de ce qui devoit, en matière d'oraison, être le plus haut degré de la perfection même."

    (Cf. Louis Bourdaloue, Sermons du pere Bourdaloüe, Tome second. pour le cinquième dimanche après Pasques (Pâques), sur la prière, p.164-165.167. Lyon, chez Anisson & et Posuel. MDCCXVI. avec privilege du Roi (1716) )

    Les extraits reproduits ci-dessus ont été traduits du texte original en langue françoise.

     

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    Vitrail représentant la bergère Solange dans l'église de Ste-Solange (France)

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    Vitrail dans l'église Ste-Catherine à Valence (Espagne)

     

     

    "(..) Dieu n'est pas le dissipateur, mais le dispensateur de ses grâces ; et par conséquent il n'écoute pas sans distinction toute prière, mais une prière animée par la foi, une prière sanctifiée par l'humilité, une prière soutenue par la persévérance, une prière non des lèvres et de la bouche seulement, mais de l'esprit et du coeur : tout cela est incontestable, et tout cela est raisonnable.

    (..) Voilà, homme du monde, ce qui vous condamnera un jour : jugez-vous et écoutez-moi ! Vous êtes trop faible pour surmonter la passion qui vous domine et pour résister à la tentation et à l'habitude du honteux péché dont vous vous êtes fait esclave : je le sais et j'en gemis pour vous. Mais avez-vous bonne grâce de vous en prendre à votre faiblesse, tandis qu'il vous est aisé de pratiquer ce qui vous rendrait fort et invincible si vous vouliez y recourir ? Or tel est la vertu de la prière.

    (..) vous êtes faible à l'excès ; mais vous ne l'êtes que parce que malheureusement vous quittez l'exercice de la prière ; car dans le dessein de Dieu, c'était la prière qui devait vous fortifier, qui devait vous fournir des armes, qui devait vous servir de bouclier pour repousser les attaques du démon.

     

    (..) Il s'ensuit que le plus grand de tous les désordres, et en même temps de tous les malheurs, où puisse tomber l'homme chrétien, c'est d'abandonner la prière : pourquoi ? parce qu'abandonner la priere, c'est renoncer au plus essentiel et au plus irréparable de tous les moyens du salut. La prière est la dernière ressource qui nous reste : la quitter donc, c'est s'ôter à soi-même toute ressource. Tel est néanmoins le désordre du siècle.

    (Cf. Louis Bourdaloue, Sermons du pere Bourdaloüe, pour les dimanches. Tome second — pour le cinquiéme dimanche aprés pâques : sur la priere — p. 140.151-152.155, Lyon, MDDXVI. Avec privilege du roi (1716)

    Les extraits reproduits ci-dessus ont été traduits du texte original en langue françoise.

     

     

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    Le Mont Sion de la ville sainte de Jérusalem

     

     

    Article rédigé par Pascal Bourdaloue


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